Nous pouvons dire que c'est le roi Henri 1V qui fut l'instigateur de la fondation de la Nouvelle-France. Son principal auxiliaire dans ce grand projet est cet important navigateur et explorateur: "Samuel de Champlain". On peut le considérer comme le Père de la colonie. Champlain naquit à Brouage en Saintonge, village situé sur la côte ouest de la France, en 1567. Il avait déjà visité le fleuve Saint-Laurent avec Pontgravé en 1603 et l'Acadie l'année suivante. Dès son enfance, il se retrouve parmi les marins, dont il écoute les aventures et les exploits et il rêve de devenir marin. C'est ainsi qu'il servit dans les armées de son Roi, lors de la guerre d'Espagne. Il devient capitaine d'un bateau espagnol et navigua dans la mer des Antilles. Sa loyauté au Roi de France n'était pas entachée puisqu'il rapportait au Roi des comptes rendus détaillés, illustrés d'une façon extraordinaire et exacte par des cartes, des croquis de sa main. C'est ainsi qu'il a même suggéré le percement d'un canal à travers l'isthme de Panama. En 1603, Champlain reçut la mission d'accompagner un groupe de pionniers français qui voulaient s'établir dans les colonies françaises dans la vallée du Saint-Laurent. Il partit de Tadoussac sur un vaisseau minuscule et s'engagea dans le dangereux fjord où bouillonne la rivière Saguenay. Champlain trouva ces lieux terrifiants et sinistres, mais il fut enchanté par les îles du fleuve Saint-Laurent et ses larges rives. L'année suivante, en 1604, Champlain est encore en Amérique. Ses amis ont maintenant décidé de fonder la colonie plus au sud de la vallée du Saint-Laurent. Deux petits bateaux transportant cent vingt colons commencent donc à fouiller la côte, tout le long de l'Acadie (comme les anciens colons appelaient la Nouvelle-Écosse) jusqu'à la Baie de Fundy. Cette région est très plaisante et l'un des chefs, "Biencourt de Poutrincourt" obtint la concession d'une zone que nous connaissons aujourd'hui comme le bassin d'Annapolis. L'équipe ne s'attarda pas à cet endroit et après d'autres explorations, décida de s'installer sur une petite île située à l'embouchure de la Sainte-Croix. Ce fut un choix très malheureux. Après avoir bâti le fort et d'autres constructions, le bois vint à manquer. L'eau douce était une denrée rare et la terre ensemencée trop tard ne produit pas les légumes dont les colons avaient besoin. Il y eut beaucoup de mortalité cet hiver-là.
Au printemps 1605, Champlain part vers le sud pour explorer la côte et un site plus favorable. Il descendit jusqu'à la baie de Massachusetts et le port de Plymouth, mais à son retour il fut décidé de transférer la colonie au bassin d'Annapolis et d'appeler ce nouvel établissement Port Royal. Les colons ont construit de solides bâtisses pour se protéger selon les styles de leur mère patrie. Des moulins à eau pour moudre le blé furent construits et la terre ensemencée de la graine apportée de France. Les semences et les récoltes prirent plus de temps que dans les vieux pays mais la réussite se fit à merveille: le blé, l'orge, l'avoine, le seigle, les pois, les fèves, les navets, les radis et carottes, les panais et les choux furent les premiers que produisit la terre canadienne.
La colonie dû quitter le Canada car des difficultés avaient surgi en France, Biencourt retarda son départ pour apporter des échantillons des dernières récoltes pour les montrer au Roi Henri 1V. Il y voyait un grand espoir sur la fertilité du sol canadien. En 1610, Biencourt revint dans le nouveau monde avec de nouveaux colons, d'autres semences, des arbres fruitiers, des chevaux et du bétail. Un groupe de pionniers se rendit à l'île du Mont Désert et y établit une colonie qu'ils appelèrent Saint-Sauveur. Mais en 1613 un corsaire anglais, Samuel Argall, parti de Jamestown en Virginie, vint détruire de fond en comble Saint-Sauveur et Port-Royal, jardins aussi bien que bâtiments. Les Anglais ne réussirent toutefois pas à chasser les colons de l'Acadie,qui resta aux mains des Français pendant tout un siècle. La population qui s'y établit constitue encore aujourd'hui un élément important de la Nouvelle-Écosse.
Avant la destruction de Port-Royal par les Anglais, Champlain avait été chargé de fonder une nouvelle colonie dans la vallée du Saint-Laurent et il avait choisi la pointe de Québec comme emplacement. Du haut des falaises, on peut apercevoir l'Île d'Orléans et cette grande étendue d'eau qu'est le fleuve. Champlain ne voyait pas seulement le paysage mais il savait que les falaises constitueraient un excellent moyen de défense contre un ennemi dangereux et aussi que le fleuve serait précieux pour les échanges commerciaux. Les événements prouvèrent combien il avait vu juste. Québec resta le centre principal de la Nouvelle-France aussi longtemps que le Canada fut une colonie française.
Champlain commit cependant une faute à cause de
son ignorance des conditions locales. Il décida d'établir des rapports
amicaux avec les Indiens des environs, les Hurons et les Algonquins.
Pour cimenter cette alliance, il participa avec quelques amis à une
expédition guerrière de ces Indiens, qui se rendaient chez les Iroquois
en remontant la rivière Richelieu. C'est sur le bord du grand lac qui
porte aujourd'hui le nom de Lac Champlain que le combat eut lieu. La
présence d'un homme blanc portant une armure surpris les Iroquois et les
détonations des mousquets qui tuaient leurs chefs les effrayèrent
tellement qu'ils furent pris de panique et s'enfuirent. Mais ils
n'oublièrent jamais l'humiliation que les hommes blancs leur avaient
infligée. Ce que Champlain ne savait pas c'est que les Indiens de la
vallée supérieure du Saint-Laurent, les Iroquois étaient belliqueux, les
mieux organisés et les plus dangereux. Le combat du lac Champlain fut le
début d'une longue lutte qui retentissait fréquemment dans les forêts de
la Nouvelle-France des cris des victimes que l'on torturaient et une
menace continuelle sur l'existence des établissements français. On peut imaginer sa vie et ceux de ses compagnons, parmi les Tribus Indiennes. Ici, c'était la forêt. Les Indiens vivaient de chasse et de pêche. Les Français avaient quitté un pays (les vieux pays) pour le nouveau monde. Je crois qu'il leur a fallu une bonne dose de courage et de force pour s'habituer à des coutumes mystérieuses pour eux, à quitter leurs familles pour se diriger vers l'inconnu. Quant aux Indiens, la venue de ces étrangers au langage bizarre et vêtues d'une autre façon a dû leur faire très peur, au début. Je les imagine à Hochelaga, sur les rives du Saint-Laurent, regardant approcher les trois navires. Ces Français venaient déranger le cours de leur vie. Des arbres ont été coupés, la terre défrichée et cultivée, des forts ont été construits ainsi que des habitations.
Champlain, homme ambitieux voulait fonder un grand empire en Amérique du Nord, un empire durable, une Nouvelle-France. Il fonda Québec, construisit une forteresse. Les colons ensemençaient la terre. Des pommiers venant de Normandie furent plantés, même des vignes. Aujourd'hui, existent encore les vestiges de ces monuments historiques que sont les Plaines d'Abraham, le Château Frontenac et plusieurs vieilles fortifications. Samuel de Champlain est vraiment le Père de la patrie. Il est décédé à Québec, le jour de Noël 1635. Il fut enterré avec toute la pompe que la colonie pouvait offrir; mais personne ne sait l'endroit exact où il repose. À une prochaine mise à jour vous pourrez voir de magnifiques photos, intitulée "Mon vieux Québec"vous verrez des constructions aussi majestueuses que le panorama qui les entoure. La prochaine fois, je parlerai de Louis Hébert.
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