Après l'automne... Mon enfant



La nuit commence à prendre sa place au grand jour!
  Elle arrive plus vite et le jour pointe son nez plus tard.
  Les premiers froids commencent à se faire sentir dès que
  le soleil est caché par un petit nuage capricieux.
  Capricieux, que dis-je ? - Mais c'est la saison des nuages
  et des grosses pluies qui s'installent!
  Et oui, voilà venu le temps des froids, des eaux, des feuilles mortes..
.


Et dans ma vie,
Et dans mon coeur,
Qu'en est-il ?


Où sont passés ces jours heureux pendant lesquels nous parlions,  nous jouions;
 Que tu n'arrêtais pas de parler, de rire;
 Quand tu n'étais pas à ton bureau pour faire tes devoirs!
 Que tu étais sérieuse, très sérieuse déjà pour ton jeune âge!
  Pourtant, tu étais souvent fatiguée mais tu ne voulais laisser aucun
 instant de ta vie passer sans faire "ce que tu dois faire comme tu le disais
 si bien!
Tu ne te plaignais jamais!
 Tu avais de bons résultats dans tout ce que tu entreprenais.
 Tu nous gâtais par les compliments que tu ramenais sans cesse de ton école!

Maintenant, ma chérie, tu as fini ta chimiothérapie.
Tu es sur la ligne droite pour arriver à la fin de la radiothérapie.


Ta guérison est effective.
Maman a beaucoup appris par ton courage, ta persévérance.
Comme à ton habitude, tu fais tout avec sérieux, même pendant
ces durs moments de ta vie, que nous avons traversés ensemble certes, avec
ton petit frère et ton père, mais nous n'avons fait seulement que t'accompagner;
C'est toi qui as fait le plus gros du travail!

Tu fais partie de mon printemps, mon enfant! 
 J'ai attendu dix années pour t'avoir et ton frère et toi, vous êtes des enfants désirés!
Vous m'aviez comblée par une grossesse sans problème!
 Je suis devenue femme par votre petite enfance sans gros bobos
et surtout vous m'avez fait un gros cadeau:  je suis une maman! 

 
Et notre vie s'est écoulée sans gros bobos!...QUAND ...


Quand le médecin m'a annoncé que tu es atteinte d'une grave maladie;
j'ai senti tout mon univers s'écrouler autour de moi.
Je sais! C'est égoïste de ma part, mais pendant un millième de seconde
 j'ai d'abord pensé à moi:  puis, seulement après, j'ai pensé à toi!
 Heureusement le Ciel ne nous a pas complètement oubliés...
 Le médecin s'est empressé de continuer: c'est grave, mais
 c'est la maladie que l'on sait le plus guérir de nos jours!
 C'est pris à temps; nous commençons tout de suite le traitement.
 On peut la guérir!


Une petite lueur d'espoir s'était installée dans mon coeur mais
 je ne pouvais pas m'empêcher d'être quand même aux abois!
 On était au mois de mai mais je me sentais déjà en automne!
 Et dire que j'aime l'automne!
  Je frissonnais quand même:
 Je me retrouvais soudain dans la pâleur et le froid du jour;
 dans l'obscurité de la nuit!


Qui aurait cru qu'un jour,
 je me mettrai à appréhender l'automne!

 
J'ai voulu pleurer mais mon chagrin était tel que mes larmes  n'arrivaient pas!
  Et je me suis rappelée alors qu'après la pluie, il y a le beau temps!
  Je me suis accrochée à la dernière phrase du médecin et au dedans
  de moi je me suis déjà mise à prier pour ta guérison!

 
Tant de choses se bousculaient dans ma tête:
  Mon dieu, comment ma fille a pu avoir cette maladie?
  L'ai-je mal nourrie pendant ces 13 années de sa vie?
  Avons-nous été dans un endroit irradié?
  C'est certainement de ma faute!
  Comment cela est-il arrivé?
  Comment? Comment?

Mon coeur s'est serré, quand la première nuit à l'hôpital,
   j'ai senti que tu avais besoin de la présence de ta maman, mais tu n'as dit rien!
  Ton silence en a dit long !
   J'ai su que tu ne voulais pas m'inquiéter et tu as caché ton angoisse.
   J'étais déjà dans le couloir avec ton père et ton petit frère,
   en route pour la maison, quand j'ai senti ta peine monter
   dans mon ventre. J'ai tout de suite dit à ton petit frère
  que plus que jamais,  il doit être fort et se comporter en
  grand garçon car sa soeur a besoin de son aide et
   de la présence de maman! Et je suis retournée auprès de toi.

Tu étais dans ton lit: calme, sage et tranquille comme d'habitude!
   Mais tu cachais tes petits yeux:  Tu pleurais!
   Je me suis jurée alors que je ne te laisserais plus seule
   tant que tu serais encore malade!

J
'ai réussi à tenir ma promesse: Ton frère et ton père
 m'ont beaucoup aidée à mener une vie normale!
   Ton frère faisait le facteur pour te ramener
   les cours et les devoirs de la part de ta copine d'école.
   Il cuisinait son repas quand nous étions retenues à l'hôpital...

Au début, quand nous y restions des jours,
   Vous ne vous voyiez qu'en fin de semaine.
   De mon côté, je faisais tout pour le voir tous les jours.
   Mais ce fut difficile! 

La vie est vraiment fait de petits instants de miracle.
   Et voilà déjà six mois que nous tenons le coup!
   Comme je te l'ai dit: C'est par ton petit corps que
   La Gloire, la Puissance et la Magnificence de Dieu
   se révèleront et je crois en la force de la Prière
   qui forme autour de nous un rempart.

Tu m'as dit un jour:  Tu sais maman, quand bien même on
m'avait dit que j'étais atteinte d'une maladie incurable;
   je ne me serais jamais laissée aller car,
   de nos jours, la science n'arrête pas de faire
  des découvertes. Et une maladie "incurable maintenant
  peut se guérir demain!
  Là, j'ai compris que tu as mûrie!

L
à, j'ai su que l'hiver a toujours besoin de l'automne pour s'installer;
  Que ses beautés ne peuvent pas briller sans les préparatifs de l'automne;
  Que l'automne protège nos champs pour le printemps;

 
Que dans la vie, bonheur et malheur se succèdent, afin que
dans la vie, nous puissions avancer;
  Que nous en apprécions chaque instant;
  Que nous comprenions que nous sommes ici-bas que des Passagers;
  Et qu'il est vain et futile de ne pas s'aimer!

Texte qui a obtenu la première place au concours
Automne 2006 du site Chez Violoncelle.
Catégorie Prose

Gagnante # 1
Mam de Paris

Si vous voulez visiter son site c'est ICI












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