
Black, beau cheval
noir
Tu avais la couleur du soir
Au milieu
du front, un petit coeur blanc
Tu étais fort et
très fringant
D'un bond, tu sautais
les barrières
Au vent, volait ta belle
crinière
Rien ne pouvait t'arrêter
Tu te
savais admiré
Tu avais ton propre
langage
De ton museau sortaient des
nuages
Ta joie, tu l'exprimais en
hennissant
Poursuivant ta course,
arrogant
Tu revenais enfin
tranquillement
Comme amoureusement
Tes
grands yeux d'une infinie tendresse
Exigeaient
de longues et douces caresses
Le poids des années
te pesait
Tu es devenu vieux, ton état
s'altérait
Tu avais perdu tout ton
entrain
Comme si la vie ne te disait plus
rien
Un bon matin, avec
bien des difficultés
Vers la maison tu t'es
dirigé
Tu tombais et tu te relevais
Toutes
tes forces tu ramassais
Tu voulais être près
de nous pour mourir
Tu voulais nous entendre te
dire
Adieu Black, il est temps de quitter
Tu
as vu nos larmes, avant de tomber
Agenouillés près de
toi
Nous t'avons caressé une dernière
fois
Et tu es parti galoper
Vers une
magnifique contrée

