Black, beau cheval noir
Tu avais la couleur du soir
Au milieu du front, un petit coeur blanc
Tu étais fort et très fringant

D'un bond, tu sautais les barrières
Au vent, volait ta belle crinière
Rien ne pouvait t'arrêter
Tu te savais admiré

Tu avais ton propre langage
De ton museau sortaient des nuages
Ta joie, tu l'exprimais en hennissant
Poursuivant ta course, arrogant

Tu revenais enfin tranquillement
Comme amoureusement
Tes grands yeux d'une infinie tendresse
Exigeaient de longues et douces caresses

Le poids des années te pesait
Tu es devenu vieux, ton état s'altérait
Tu avais perdu tout ton entrain
Comme si la vie ne te disait plus rien

Un bon matin, avec bien des difficultés
Vers la maison tu t'es dirigé
Tu tombais et tu te relevais
Toutes tes forces tu ramassais

Tu voulais être près de nous pour mourir
Tu voulais nous entendre te dire
Adieu Black, il est temps de quitter
Tu as vu nos larmes, avant de tomber

Agenouillés près de toi
Nous t'avons caressé une dernière fois
Et tu es parti galoper
Vers une magnifique contrée

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Violoncelle
Le 25 février 2003

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