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J’ai mes
yeux

Je les
laisse voguer
Au gré de
leur volonté
Voyageant à
travers les couleurs
Quelque soit
le jour ou l’heure
Ils
n’arrêtent pas de voir
Même dans le
noir
Ils voient
même en moi
Ce que je ne
vois pas

Ils savent
parler aux gens
Allant à
leur rencontre en souriant
Détectant un
regard de bonheur
Ils
s’emplissent de lueurs
Mêlant les
rires aux éclats
Et le timbre
des voix
Découvrant
la moindre parcelle
D’un tout
petit coin de ciel

Les jours de
tristesse
Pensées
combles de détresse
Laissent
couler le torrent
Qui suit le
courant
Des larmes
qui roulent sur les joues
Pour se
rendre jusqu’au bout
D’une timide
consolation
Menant à
l’abandon

Vivre avec
ses yeux
C’est comme
danser près d’un grand feu
C’est
assister au spectacle de la
levée du soleil
C’est aller
dans une fleur, suivre une
abeille
Avoir ses
yeux c’est un cadeau de Dieu
Que l’on
oublie ou apprécie si peu
Il n’y a pas
de mot pour exprimer sa
reconnaissance
Pour avoir
vu toute son existence

14 juillet 2004
Louisiane Dubé

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