Devant moi un pic
Si haut que je n’en vois pas le
sommet
Il s’élève en mosaïque
De pierres et de genêts
Il est aussi gonflé de mes peurs
De mes tristesses, de mes
douleurs
Comme une mer chargée de vagues
Dans les grands vents en
zigzague
Il apparaît si démesuré
Que son escalade me semble
insensée
Chaque obstacle est un
élancement
Qui immobilise mes mouvements
Je me dois de commencer
l’ascension
Sans me retourner, avec
résignation
Mes pensées se bousculent, se
frappent
Les unes aux autres conçues d’un
passé âpre
Pas à pas, sans me retourner
Mes mains s’agrippent aux
pierres
Mes pieds essaient de s’ancrer
Dans la mousse et le lierre
Je ne compte pas le temps
Attentive à chaque moment
Gardant espoir de toucher la
cime
M’accrochant aux humeurs qui
m’animent
Mon esprit intercepte mes
angoisses
Je médite sur la seconde qui
passe
Sans connaître la voie parcourue
Les yeux baissés sans vue
Un sentiment de hâte me donne
vigueur
Mes jambes me portent en douceur
Suis-je près de ma finalité
Ai-je vaincu le lot de mes
anxiétés
Soudain je lève la tête
Ma vision se porte au faîte
Les nuages volent lentement
Sur le bleu d’un ciel rayonnant
Mon corps est si léger
Comme s’il avait des ailes pour
planer
La joie inonde mon cœur
Ma victoire me transporte de
bonheur
La vie est un sentier vallonné
Sillonné de détours désordonnés
Des plateaux pour se reposer
Des montagnes à affronter
Les difficultés en sont
l’apprentissage
La distance parcourue en est
l’âge
Chercher à atteindre la cime
Est l’aboutissement ultime